Oui, l’IA est utilisée pour générer des articles de santé. A grande échelle. La révolution IA est en marche, mais il n’est pas interdit de mieux comprendre le fonctionnement de l’IA générative, comme le souligne la Haute autorité de santé qui invite à « identifier ses limites ».
Table of Contents
ToggleEcrire avec une IA : résumé
• Ce qu’est une IA : un puissant calculateur (artificial intelligence) qui prédit le mot le plus probable selon le contexte, sans élaborer de véritable pensée.
• Ses limites : sans consigne précise, elle n’est pas fiable. Elle ne sait pas hiérarchiser ses sources et peut restituer des informations hors sujet, dépassées, fausses, voire inventées.
• L’enjeu YMYL : en rédaction médicale ou de santé, un article mal contrôlé expose à des erreurs, à un manque de nuance et à une dégradation du référencement.
• Les clés d’un bon usage : un prompt détaillé, véritable charte imposée à l’IA, qui fixe le format, la longueur, les mots-clés et les sources autorisées, et lui interdit toute initiative.
• Là où elle excelle : la réécriture sans contenu dupliqué, la relecture, l’élaboration d’un plan, la synthèse et la chasse aux fautes, sans pour autant être infaillible.
• Données sensibles : ne jamais confier noms, coordonnées, contrats ni décisions stratégiques ; l’option de désactivation de l’entraînement existe, mais la prudence reste de mise.
• Mon verdict : pour un professionnel déjà aguerri, l’IA ne fait pas gagner de temps, car prompts et vérifications en demandent souvent plus que d’écrire seul. Son adoption se justifie surtout pour ne pas rater le tournant technologique et pour les gains éventuels GEO.
• Retour de terrain : mes articles ELSAN (rupture d’anévrisme, candidose) et un article de mon site personnel figurent parmi les contenus cités et mentionnés par les IA, dont l’IA Overview de Google.
Peut-on écrire des articles de santé avec une IA ?
Oui vous pouvez écrire des articles de santé avec une IA, mais pas n’importe comment ! D’ailleurs, l’IA Overview de Google répond à cette question et précise que votre article doit être validé par un/une professionnelle de santé. Voire un/une rédacteur/rédactrice confirmée. Elle liste, même, pour vous, les risques qu’il y aurait à écrire un article de santé sans prendre de précautions :
• Les erreurs médicales ;
• Le manque de nuance ;
• Le fait de ne pas respecter les exigences du référencement pour des sujets dits YMYL !
Qu’est-ce que YMYL ?
YMYL, sigle de Your money, your life, désigne les sujets sensibles comme la santé, la finance etc. pour lesquels une extrême vigilance est exigée. Les articles produits dans ce domaine doivent répondre à des critères de qualité en raison des risques qu’ils pourraient faire encourir aux lecteurs et lectrices. Si ces critères ne sont pas respectés, Google peut dégrader le référencement de ces articles.
Peut-on écrire un article sans intelligence artificielle (IA) ?
Oui ! Cela fait des siècles que l’esprit humain produit des textes sans avoir recours à l’intelligence artificielle. Celle-ci représente une révolution au sens où sa technologie peut apporter des bouleversements dans la production intellectuelle. Mais elle n’est qu’un outil que l’on peut décider d’utiliser ou non. Et si on l’utilise, la moindre des choses est d’apprendre à la connaître pour en mesurer ses apports et ses limites. N’est-ce pas la définition de ce que c’est qu’un outil ?
Qu’est-ce qu’une IA ?
Schématiquement, une IA (intelligence artificielle ou artificial intelligence) est un grand calculateur capable d’absorber des quantités énormes de documents afin de s’entraîner puis de restituer des informations. Son algorithme ne relève pas de l’intelligence stricte au sens humain : il n’élabore pas une pensée, il sait juste placer le mot qui vient statistiquement après le mot précédent et dépend du contexte. Et le résultat est bluffant car, au premier abord, on a bien l’illusion de parler avec une vraie personne. Interrogée, l’IA de Google valide cette définition 😉
Quels sont les avantages à écrire un article avec une IA comme Claude ?
Il y en a mais certains pourraient vous sembler décevants.
Pour un ou une professionnelle qui maîtrise déjà la rédaction médicale, ou autre, il n’y a aucun avantage. L’apprentissage de Claude, notamment, prend du temps et coûte de l’argent. La question de savoir à qui on donne son argent est aussi légitime. Penchez-vous sur les projets politiques des responsables des Gafam, et ce, même si certaines appli sont « gratuites » : le produit c’est vous et vos données.
Un avantage, mais le plus dangereux, c’est de permettre à des personnes ou des organisations qui ne maîtrisent ni l’écriture ni la santé (ou sont mal à l’aise, voire débutantes) de produire des articles. On peut espérer que ces productions ne seront pas ou mal référencées, mais ce n’est pas une garantie. On peut aider à les améliorer en les encadrant si possible.
Un autre avantage apparaît : ne pas laisser passer le train des nouvelles technologies. Cela s’entend. Dans ce cas, l’adoption d’une IA se justifie pourvu qu’on apprenne à travailler avec et que l’on élabore une méthodologie. C’est l’objet de cet article.
Pourquoi Claude ?
J’ai déjà testé ChatGPT et j’en ai fait le tour pour ce qui me concerne. J’ai donc souhaité changer pour Claude qui a une réputation de plus grande rigueur et dont les dirigeants semblent (à ce stade) avoir pris des positions politiques et éthiques plus rassurantes.
Les IA sont-elles fiables ?
Une IA générative n’est pas fiable par défaut ! Tant que vous n’imposez pas une structure de travail (prompt) précise, vous obtiendrez n’importe quoi. Et c’est normal si l’on se souvient bien de ce qu’est une IA. Et ce n’est pas l’IA qui va s’imposer une méthode toute seule : c’est à vous de construire votre prompt.
Et même si vous imposez un prompt structuré, il arrivera que votre IA s’échappe et l’admette avec toute l’aplomb qui la caractérise. N’élevez pas vos enfants avec une IA, vous ne serez pas déçus du résultat en termes de production « intellectuelle ».
En outre, ne partagez aucune info que vous ne voudriez pas voir traîner à l’extérieur :
• Noms,
• Coordonnées,
• Contrat,
• Décisions stratégiques…
Il existe une fonctionnalité qui permet de demander à Claude de ne pas s’entraîner sur vos données, mais il vaut mieux rester prudent. Claude l’écrit noir sur blanc : vous pouvez désactiver l’entraînement sur vos données et rester incognito sur les échanges sensibles !
Comment faire pour travailler avec une IA comme Claude ?
J’ai commencé par demander à Claude de produire elle-même des paragraphes. C’était peu concluant. L’IA va chercher dans ses données mais n’est pas capable de déterminer quelle source est la plus fiable. Elle peut faire remonter des articles bien placés sur le plan du référencement, mais qui sont hors sujets, dépassés ou faux. Voire inventés.
Quel genre de prompt utiliser pour écrire avec une IA ?
Le prompt est une forme de charte que vous imposez à l’IA. Peut-être l’avez-vous remarqué, mais l’IA a tendance à se comporter comme si elle devait vous faire plaisir et devancer vos attentes. La première chose à faire avec une IA comme Claude c’est de lui répéter : « attends mes instructions ! »
La deuxième chose consiste à lister tout ce que vous attendez d’un article :
• Sa forme ;
• Sa longueur ;
• Sa plus-value par rapport aux articles équivalents ;
• Les mots-clés sur lesquels vous souhaitez le positionner ;
• Lui faire ingurgiter les sources sur lesquelles vous souhaitez vous appuyer ;
• Lui interdire toute forme d’initiative : le prompt, rien que le prompt, tout le prompt ;
• Lui demander tous les enrichissements nécessaires pour mieux vous référencer et pour mieux être cité et mentionné par les IA, en retour. Sur ce chapitre, elle en connaît un rayon.
De quoi est le mieux capable une intelligence artificielle à l’écrit ?
Selon moi, les meilleures performances d’une IA se situent dans la réécriture. Sur ce plan, c’est très fort. Les IA permettent de produire une information de manière originale en s’assurant qu’il n’y ait pas de contenu dupliqué (duplicate content). Il convient juste de lui imposer quelques règles : par exemple, si vous vous adressez à un public non averti, il n’est pas toujours utile de rentrer dans un vocabulaire trop technique. Il peut aussi être utile de lui rappeler qu’elle ne doit pas toujours éviter les répétitions. Parfois, afin de ne pas répéter un mot, elle peut en choisir un autre totalement hors contexte.
Quelles sont les erreurs commises par Claude ?
Après quelques mois de collaborations Claude continue à prendre des libertés par rapport à mon prompt et les corrections que j’ai ajoutées au cours du temps.
L’IA se prend pour un référenceur !
Sans avoir aucune source, Claude est capable de me positionner sur un terme, en admettant elle-même quelle s’est appuyée sur « rien de vérifié ».
En le connectant à un opérateur de mots-clés SEO (type Ahrefs), elle est plus rigoureuse, mais parvient quand même à préférer des volumes faibles.
Claude anticipe les directives
Malgré les prompts, il arrive encore que Claude s’avance sur des données sans avoir reçu de consigne. Ou plutôt même, en contradiction avec mes prompts. Il est bon de répéter à chaque consigne : « as-tu compris la consigne ? » et « attends mes instructions. »
Claude est plutôt honnête
Claude admet, en effet, qu’elle n’est pas experte SEO et qu’elle est capable, comme elle l’écrit, de présenter « une inférence avec le ton de la certitude » (sic).
Mon expérience avec l’IA chez ELSAN
J’ai déjà testé la production de plusieurs articles bien référencés chez ELSAN où j’ai, durant plusieurs années, été rédacteur expert santé SEO GEO IA. Au sens strict, je n’ai rien produit avec de l’IA. J’ai toujours écrit mes articles en m’appuyant sur des sources reconnues et j’ai ensuite demandé à Claude les apports suivants :
• Vérifier les informations au vu des sources fournies ;
• Ajouter éventuellement un résumé ;
• Réécrire certains paragraphes ou des FAQ ;
• Vérifier que je m’étais bien positionné sur les bons mots-clés ;
• Tester le title et la méta etc.
Sur ce travail de collaboration, sanctionné par une relecture et une vérification rigoureuses, j’ai pu produire plusieurs articles qui sont bien positionnés et sont repérés par les IA (AI Overviews, ChatGPTetc.).
Rupture d’anévrisme : réécriture et enrichissement pour les IA
Sur l’article consacré à la rupture d’anévrisme, positionné (à l’époque du bouclage de cet article) juste en dessous d’IA Overview, un travail de réécriture a été demandé à Claude ainsi qu’un enrichissement afin de tenter d’être cité et mentionné.
Candidoses et mention d’IA Overview
Concernant l’article sur les candidoses, la collaboration avec l’IA a permis d’obtenir une mention de la marque (à l’époque du bouclage de cet article), même si clairement, j’aurais pu le faire sans elle ! Ceci dit, il n’est pas inintéressant de demander aux IA comment procéder pour être mentionné et/ou cité, sachant que le GEO risque de supplanter le SEO (bémol : pour un bon GEO, il faut néanmoins maintenir un excellent SEO).
pierreluton.fr et mention IA Overview
Enfin, je ne suis pas peu fier de constater qu’un article réalisé, il y a quelques années, sur mon site personnel (comment réaliser un article avec chatgpt), dont le référencement est confidentiel comparé au site d’ELSAN, reconnu pour son SEO de qualité, est toujours en ligne et fait désormais l’objet de deux mentions visibles de la part IA Overview. Preuve que mes intuitions de l’époque étaient fondées (il faut concéder que je suis sur une niche, mais c’est justement sur une niche de ce genre qu’un « petit » site peut espérer être vu !).
Comment Claude a-t-il été sollicité pour réaliser cet article ?
Claude semble avoir été pris au dépourvu au premier abord, mais s’est montrée capable d’humour en signalant l’ « ironie de la situation » : « ton texte, écrit-elle, m’apprend précisément à attendre tes instructions et à ne pas anticiper. Donc je m’exécute et je ne touche à rien. » Après quoi, Claude a validé l’article : « l’IA reformule bien mais ne juge pas la fiabilité d’une source, hallucine et invente des références, ne choisit pas le sujet, et l’humain doit garder la main ».
Comme pour mes autres articles, j’ai réalisé celui-ci tout seul, rassemblant mes informations et mes expériences. Au fond, qui mieux que moi sait de quoi je parle lol ? J’ai réuni de la documentation pour étayer mon propos et je suis allé voir Claude pour lui demander ce que je demande habituellement à toute IA :
• Vérifie mes infos au vu des sources fournies ;
• Ecris-moi un résumé ;
• Challenge le choix du title et de la meta ;
• Suggère-moi des titres et des mots-clés supplémentaires (cela marche mieux quand Claude est pluggé à Ahrefs par exemple) ;
• Relis et souligne de possibles fautes de frappe et d’orthographe ;
• Donne-moi un pronostic possible de ranking sur les serp et IA (ce point est tangent car au fond l’IA ne peut pas réellement faire de pronostic, mais c’est parfois flatteur).
A charge pour moi et pour vous de bien relire et vérifier en aval.
Ce que je pense de l’intérêt de l’IA pour écrire un article de santé ?
A ce stade, je peux très bien me passer d’IA pour écrire un article de santé. Le temps passé à mettre en place un ou plusieurs prompts, surveiller Claude et ses réponses, et vérifier ce qui a été produit est bien plus long que lorsque j’écris seul dans mon coin. Intellectuellement, écrire par moi-même me donne, en outre, la satisfaction de dominer le sujet sur lequel j’écris et d’entraîner ma propre intelligence.
Plus-value d’une IA
La seule plus-value d’une IA est de remplir les tâches de :
• réécriture ;
• relecture ;
• élaboration de plan ;
• réalisation d’une synthèse (sans contenu dupliqué) ;
• vérification des fautes de frappe et d’orthographe.
Même si, dans ces domaines, elle n’est pas sans faille.
Dialogue avec Claude
En outre, j’admets que l’écriture est une activité solitaire quand on ne travaille pas dans une Rédaction et que l’on ne souhaite pas (trop souvent) déranger ses collègues. Je trouve donc un nouvel intérêt à « dialoguer » avec l’IA, qui n’est pas indemne d’erreur ni de mauvaise interprétation : mais, justement, cela peut me pousser dans mon raisonnement et m’amener à revoir certaines assertions et formulations. Et il arrive que l’IA ait raison. En ce sens, ce n’est pas un mauvais assistant : il faut juste savoir qui reste le « maître ».
Sources
- ELSAN (rupture d’anévrisme) : mise à jour ;
- pierreluton.fr (Un article de santé peut-il être écrit avec chatgpt ?) : mise à jour le 30/06/2023 ;
- ELSAN (candidose) : mise à jour ;
- Inserm : mise à jour ;
- Haute autorité de santé (HAS) : mise à jour ;
- Maeker : mise à jour ;
- Esculape médias : mise à jour.
Les questions les plus fréquemment posées
Faut-il faire relire par un humain un article de santé écrit avec une IA ?
Oui, c’est indispensable. Une IA ne hiérarchise pas ses sources et peut restituer des informations dépassées, fausses ou même inventées. Sur un sujet YMYL comme la santé, l’article doit être vérifié en aval et validé par un professionnel de santé et/ou un rédacteur chevronné comme un journaliste santé : l’humain garde la main, l’IA ne décide pas.
Quelles informations ne faut-il jamais transmettre à une IA comme Claude ?
Tout ce que vous ne voudriez pas voir circuler à l’extérieur : noms, coordonnées, contrats, décisions stratégiques. Une option permet de désactiver l’entraînement sur vos données et d’échanger en mode incognito, mais la prudence reste de mise avant de confier quoi que ce soit de sensible.
L'IA fait-elle gagner du temps pour rédiger un article de santé ?
Pas nécessairement. Pour un professionnel qui maîtrise déjà la rédaction, mettre en place les prompts, surveiller l’IA et vérifier ce qu’elle produit prend souvent plus de temps que d’écrire seul. Le vrai gain se situe dans des tâches ciblées : réécriture sans contenu dupliqué, relecture, plan, synthèse et chasse aux fautes.
Article précédent >>>
Chatgpt rédige des prompts pour Midjourney !
Sommaire du thème : Comment utiliser chatgpt dans un article ?
Cet article a été réalisé par un rédacteur expert santé SEO GEO IA, Pierre Luton. Claude a été sollicité pour relire, ajouter le résumé, suggérer des mots-clés et pour tester cette IA dans le cadre de ce travail. L’image est libre de droits, issue des Creatives Commons. Photo de Une copyright ©PLuton2026
- Ecrire un article de santé avec une IA comme Claude - 10 septembre 2026
- Bronchiolite, infection respiratoire : des vaccins pour les tout petits et les personnes âgées - 11 juillet 2024
- Pierre Luton alias Pluton journaliste, spécialisé santé, social et SEO - 10 juillet 2024
